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Les ONG doivent-elles se tenir à distance du débat public dès lors qu’il est question de migrations et du traitement souvent injuste qui en est fait par les décideurs et les décideuses politiques en France ou hors de nos frontières ? Pour les membres de Coordination SUD et ses partenaires investis sur la question, la réponse est à l’évidence non.

La situation dramatique des personnes migrantes au large de la Méditerranée fait régulièrement les gros titres, de même que la réponse peu coordonnée des États européens à cette présumée « crise ». Déchainant les passions et sujette à de nombreuses aux idées reçues, la question migratoire donne du grain à moudre aux nationalistes et est reprise dans des discours médiatiques et politiques qui véhiculent des idées négatives sur la réalité des personnes migrantes et des migrations.

Coordination SUD a placé l’enjeu migratoire comme une priorité transversale dans sa planification stratégique 2017-2022, ce qui a donné lieu à la création d’une commission Migrations en 2017. Plus de 60 personnes ont répondu à l’invitation de Coordination SUD le jeudi 7 février matin à Paris, pour débattre des politiques migratoires à l’occasion de la sortie de son document de positionnement. Pour une compréhension commune des enjeux migratoires. Cette rencontre visait à favoriser la connaissance et l’appropriation des travaux de la commission Migrations par l’ensemble du réseau, à susciter un débat interne sur les politiques migratoires et à jeter les bases d’une compréhension commune et juste du phénomène migratoire.

L’atelier s’est articulé autour de trois tables rondes émaillées des interventions de représentants et représentantes d’organisations membres active de la commission : Action contre la Faim, Association des Marocains en France, Crid, Forim, Grdr Migration-Citoyenneté-Développement, Médecins du Monde, Migrations & Développement, Secours Catholique-Caritas France.

Intervenants à l'atelier

La fermeture comme fil rouge des politiques migratoires
L’atelier a permis en premier lieu d’aborder le lien entre migrations et développement dans la diplomatie française et de poser le cadre de la stratégie adoptée par la France en la matière. Tout en saluant la possibilité pour la société civile de participer à des espaces de concertation sur le sujet, les organisations ont pointé les contradictions entre, d’une part, la reconnaissance de l’apport positif des personnes migrantes au développement et, d’autre part, le déploiement d’une politique de contrôle et de fermeture à l’égard de ces mêmes personnes.

Les échanges ont ensuite porté sur la politique européenne, tendant à confier en dehors de ses frontières la gestion et le contrôle des « flux » migratoires, notamment en Turquie, plus récemment en Libye ou prochainement en Egypte. Dans cette démarche, les politiques et les instruments d’aide au développement (APD) et d’aide humanitaire sont instrumentalisés pour financer une politique de fermeture. Cette politique a des conséquences dramatiques pour le respect des droits fondamentaux des personnes migrantes. Elle va de pair avec une criminalisation des ONG qui viennent en aide à ces personnes, comme par exemple celles actives dans le sauvetage en mer.

Enfin, la réunion a porté sur le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Si le texte inclut quelques avancées, notamment l’engagement des Etats à mettre en place des voies d’immigrations sûres et légales, il n’a pas de portée contraignante. De plus, il inclut des éléments problématiques, comme la mise en place d’une base de données biométriques sur les personnes migrantes, sans les garde-fous nécessaires en termes de respect des droits humains. Les ONG n’en resteront pas moins vigilantes pour pointer les limites du texte et à la fois presser les décideuses et décideurs politiques français à la mise en place d’une feuille de route pour la mise en application des engagements positifs de ce Pacte.

Les défis à soulever
Plusieurs défis ont été identifiés dans l’agenda politique des mois à venir. En premier lieu, la définition de la Loi d’orientation et de programmation sur la solidarité internationale (LOP-DSI) de la France. Les organisations présentes se sont accordées sur la nécessité de se battre pour un discours responsable sur les migrations et contre toute instrumentalisation de l’APD pour gérer les « flux » migratoires.

En deuxième lieu, l’agenda européen des migrations. Celui-ci entérine sans cesse de nouvelles mesures d’externalisation des frontières ayant des conséquences néfastes pour le respect des droits humains

Pour finir, les élections européennes du mois de mai. Les populistes et les nationalistes se servent aujourd’hui des migrations et des personnes migrantes pour justifier le repli sur soi. Il est plus que jamais urgent de construire un autre récit sur ces enjeux. Les organisations membres de Coordination SUD réunies lors de cet atelier ont plaidé pour mobilisation en faveur d’une Europe durable, juste et accueillante et pour que l’engagement de tout citoyen et de toute citoyenne, de même que celui des organisations de la société civile soient au cœur du projet européen.

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